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Les premiers pas de l'Eglise primitive

Les premiers pas de l'Eglise primitive

Le livre des Actes est un récit complexe, car bien qu’il s’efforce de montrer l’homogénéité de l’Église primitive, il n’a pas entièrement gommé de nombreuses divergences, qui remontent aux origines.

Crédits ECTS: 3
Professeur : fr Etienne Nodet, op

Les premiers pas de l'Eglise primitive

Perspective du cours :

Il s'agit principalement des Actes des Apôtres. Le plan d'ensemble en paraît simple: de Jérusalem avec Pierre jusqu'à Rome avec Paul. Pourtant, lorsqu'on lit attentivement, on observe divers détails qui montrent des débats sous-jacents et des prises de position, car la postérité de Jésus a été très multiforme. Ce qui est devenu le christianisme du NT n'était au départ que le fait d'une petite minorité. Le propos du cours est de détecter diverses traces dissidentes et de les situer par rapport à d'autres documents anciens.

La première chose à faire est de lire lentement le livre, si possible dans deux traductions distinctes (voire même en grec, mais ce n'est pas essentiel), de le mémoriser et de noter très spontanément tout ce qui paraît étonnant; par exemple, pourquoi Pierre rend-il des comptes à Jacques ? procéder ensuite par étape, dans l'ordre proposé ou autrement

Résumé :

A. La reconnaissance de Jésus par les Samaritains comme « sauveur du monde » (Jn 4,42) est anormale, car c’est une locution païenne. Il faut comprendre qu’alors ils se détournent du magicien Simon, un Samaritain « ancêtre de toutes les hérésies ». L’expression est transformée dans la bouche de Jésus « le salut vient des Juifs », quand il parle à la Samaritaine, mal attachée à son sixième « mari » Simon.

B. Le livre des Actes est un récit complexe, car bien qu’il s’efforce de montrer l’homogénéité de l’Église primitive, il n’a pas entièrement gommé de nombreuses divergences, qui remontent aux origines. Pierre est au premier plan, mais il reste en Judée, puis s’efface devant Paul. Les écrits pseudo-clémentins, réputés judéo-chrétiens, mettent en relief Pierre et Jacques, Paul étant l’ennemi ; pourtant, à travers une doctrine simple, ils clarifient dans les Actes de nombreux détails d’allure aberrante. Il se trouve que les aléas autour du baptême, avec l’ombre de Simon le mage, constituent un fil directeur utile.

C. L’interprétation courante de Ga 1-2 est que la rencontre de Paul avec les « colonnes » de Jérusalem – identifiée avec le « concile » de Ac 15 – a eu lieu dix-sept ans après sa conversion, ce qui conduit à une chronologie difficile à interpréter : conversion vers 33, ce qui est bien tôt, et « concile » vers 51, ce qui est bien tard, puisqu’on a perdu de vue Pierre depuis la mort d’Hérode Agrippa, en 44. Cependant, la prise en compte du texte attesté par Marcion, antérieur à tous les manuscrits, permet une chronologie plus réaliste, mieux insérée dans l’histoire romaine. Elle montre une évolution de Paul, qui a commencé par être un zélote farouche, avant comme après la révélation de Damas, avec les chistiani. De plus, le « concile » de Ac fut nettement antérieur à la rencontre de Ga.

Plan du cours  "Les premiers pas de l'Eglise primitive"

A. LE SALUT VIENT DES JUIFS (Jn 4,22), ET NON DE SIMON LE MAGICIEN (Ac 8,9)
RÉSUMÉ

Introduction
I – Samaritains
II – À propos de la rencontre à Sychar
III – Messie ou sauveur ?
IV – Philippe en Samarie
V – Simon le magicien
VI – Conclusion : le sixième « mari ».

B. PIERRE, LES DOUZE, LES SEPT (Ac 6,2-3) ET PSEUDO-CLÉMENT

Introduction
I – Pseudo-Clément
II – Les Douze et le baptême
III – À propos des Sept
III bis – Excursus : l’annonce d’un nouveau Moïse
IV – Pierre thaumaturge à Jérusalem
V – Pierre en mission
VI – Paul à Éphèse
VII – Pause

C. CONVERSIONS DE PAUL. CHRONOLOGIE

Introduction
I – Marcion et Paul
1) Marcion
2) L’Apostolikon de Marcion
3) Évaluation des variantes de Marcion
4) Conséquence chronologique
II – Paul, messianisme, chrétiens
1) Jalons pour l’évolution de Paul
2) La première révélation de Paul
3) La deuxième révélation de Paul
III – Conclusion