Une anthropologie au-delà de l’humain
Ce séminaire explore les nouvelles perspectives de l’anthropologie contemporaine issues du tournant ontologique. En questionnant les frontières entre nature et culture, humain et non-humain, il propose une réflexion sur la relation, l’interdépendance et la reconnexion de l’être humain à la Terre au-delà des modèles anthropocentriques.
Code du cours: SEM161
Enseignant : Dr Joseph BarakaPrésentation
Ce séminaire aborde la problématique d’une anthropologie non anthropocentrique. Il permet aux étudiants de s’approprier et de mener le débat suscité par le tournant ontologique dans l’anthropologie contemporaine (surtout depuis 2000 sur le sol amazonien). Sur le plan ontologique, ce tournant se caractérise notamment par le rejet du substantialisme en faveur d’une recomposition (anti-séparatisme) nature et culture, humain et non-humain, individu et collectivité (Eduardo Viveiros de Castro, Philippe Descola, Eduardo Kohn). Sur le plan phénoménologique, il aborde la corporéité (ici le corps humain) comme une interface entre le soi et l’altérité (c’est l’intercorporéité ontologico-phénoménologique de l’anthropos) : l’essence de l’humain réside dans sa relation, dans son extension ou dans sa recomposition avec le non-soi (plus profond qu’un simple environnement-ressource). Cette anthropologie exige, sur le plan épistémologique, le dépassement du dualisme sujet-objet, la remise en cause du surplomb cosmique de l’humain et de l’unilatéralité du cogito cartésien. Il s’agit au fond de répéter et de redéfinir les fondements philosophiques de notre reconnexion à la Terre.
Etape 1 : Anthropologie, anthropologies face aux altérités dans le monde
Etape 2 : Ce qu’est l’humain dans son ouverture au non-humain
Etape 3 : Discussion autour du perspectivisme chez E. Viveiros de Castro
Etape 4 : Vivre à l’heure des humanités environnementales
Objectifs d’apprentissage
- Identifier (définir et distinguer), dans le vaste champ anthropologique, la perspective d’une anthropologie non anthropocentrique, tout en analysant ses enjeux et ses perspectives ;
- Produire (réaliser) successivement des textes et des raisonnements susceptibles de constituer, au final, un corpus condensé et publiable ;
- Échanger et débattre systématiquement avec des collègues sur une matière philosophique de grande envergure ;
- Mesurer l’impact social et existentiel du séminaire (conjuguer savoir et vie pratique).
Compétences attendues des étudiants et/ou chercheurs
- Goût de la lecture (assiduité dans le travail personnel) : savoir bien exploiter les textes proposés, ressortir les lignes de force pour une argumentation appuyée ;
- Capacité d’analyse, de raisonnement et de contextualisation : savoir partir des idées des auteurs pour ouvrir des perspectives nouvelles sur la question posée : situer, de manière constructive, sa propre culture dans le débat du séminaire.
- Amour du débat et esprit critique : accepter la divergence de points de vue, la flexibilité d’idées, sans relativiser la vérité.
