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Les peintres de la Renaissance florentine (XVe-XVIe siècles) (SEM150)

Les peintres de la Renaissance florentine (XVe-XVIe siècles) (SEM150)

Entre le XVe et le XVIe siècle, Florence devient l’un des foyers majeurs de la création artistique européenne. C’est dans cette cité que s’élaborent de nouvelles manières de concevoir l’espace, de représenter le corps humain et de penser la place de l’artiste dans la société. La Renaissance florentine ne se limite pas à une évolution stylistique : elle correspond à une transformation profonde des rapports entre art, savoir, pouvoir et humanisme. Le séminaire propose d’explorer cette trajectoire artistique en suivant un parcours chronologique et thématique, depuis les innovations du Quattrocento jusqu’aux audaces formelles du maniérisme.

Code du cours: SEM150

Professeur : Phd Laëtitia Levantis

Description

Ce séminaire entend montrer que la Renaissance florentine est à la fois une révolution visuelle et une révolution intellectuelle. Elle repose sur plusieurs transformations décisives : la rationalisation de l’espace par la perspective, la redécouverte des modèles antiques, l’étude scientifique de l’anatomie, l’attention nouvelle portée à la nature et la montée en puissance du statut social de l’artiste. À travers l’étude des grands maîtres – de Masaccio à Pontormo et Bronzino, en passant par Fra Angelico, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël –, les participants analyseront les fondements intellectuels, techniques et esthétiques d’un art qui a profondément marqué l’histoire visuelle de l’Occident.

Organisé sur huit semaines, en quatre étapes de deux semaines chacune, le séminaire adopte une progression qui permet de comprendre l’émergence, l’accomplissement et les métamorphoses de l’idéal renaissant.

La première étape s’ouvre avec Masaccio, figure pionnière du Quattrocento. Son œuvre marque une rupture décisive avec les conventions médiévales. Par l’usage maîtrisé de la perspective linéaire, par la cohérence spatiale de ses compositions et par la monumentalité nouvelle des figures, il inaugure une peinture fondée sur la rationalité et l’observation du réel. L’analyse portera sur la construction de l’espace pictural, la lumière, le volume des corps et l’expression des émotions. Les participants apprendront à reconnaître les principes fondateurs d’un art qui cherche à restituer la profondeur et la crédibilité du monde visible.

La deuxième étape examine la figure de Fra Angelico, dont l’œuvre conjugue innovation technique et profondeur spirituelle. Chez lui, la perspective et la lumière ne sont pas de simples outils formels : elles participent à une théologie visuelle. Les fresques réalisées pour des couvents et des églises illustrent un art où la clarté de la composition, l’harmonie des couleurs et la douceur des visages traduisent une quête d’élévation intérieure. L’étude de son œuvre permettra d’interroger la manière dont la Renaissance transforme l’art sacré sans rompre avec la tradition.

La troisième étape est consacrée aux figures majeures du Cinquecento. Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël incarnent l’aboutissement de l’idéal classique renaissant. Léonard de Vinci développe une approche expérimentale de la peinture : étude scientifique de la nature, exploration des effets atmosphériques, subtilité du sfumato. Michel-Ange exalte la puissance expressive du corps humain et inscrit la peinture dans une dimension presque sculpturale. Raphaël, quant à lui, atteint une harmonie formelle qui synthétise grâce, équilibre et profondeur intellectuelle. À travers l’étude comparative de ces artistes, les participants comprendront comment la Renaissance atteint un sommet dans la maîtrise de la perspective, de l’anatomie et de la composition. Ils analyseront également la dimension humaniste de cet art, nourri par la redécouverte de l’Antiquité.

La dernière étape aborde le maniérisme, souvent perçu comme une rupture avec l’équilibre classique. Pontormo et Bronzino développent un style caractérisé par des postures complexes, des corps allongés, des compositions dynamiques et parfois instables. Loin d’être un simple excès formel, le maniérisme exprime une tension nouvelle : inquiétude spirituelle, recherche d’originalité, affirmation de la « manière » personnelle de l’artiste. Les proportions se modifient, les couleurs deviennent plus audacieuses, les espaces plus ambigus. Cette étape permettra d’interroger la transformation des idéaux renaissants et de comprendre comment, à partir d’un modèle classique, émerge une esthétique de la complexité et de l’artifice maîtrisé.

En définitive, ce séminaire offre une immersion approfondie dans l’un des moments fondateurs de l’histoire de l’art occidental. Il permet de comprendre comment Florence a façonné un langage visuel nouveau, fondé sur la science de l’espace, l’étude du corps humain et l’idéal humaniste, et comment cet élan a conduit, du Quattrocento au maniérisme, à une créativité d’une richesse exceptionnelle.

Objectifs du séminaire

  • Comprendre les fondements intellectuels et esthétiques de la Renaissance florentine : les participants analyseront les transformations conceptuelles liées à la perspective, à l’étude de l’Antiquité et à l’humanisme.

  • Savoir décrire et analyser une œuvre picturale : le séminaire développera des compétences méthodologiques : observation des lignes de force, analyse de la composition, étude de la lumière, des couleurs et du traitement des corps.

  • Identifier les principes fondamentaux de la perspective et de la représentation spatiale : les étudiants apprendront à reconnaître les dispositifs techniques qui structurent l’espace pictural.

  • Comprendre le rôle du mécénat dans la production artistique : l’étude du contexte florentin mettra en lumière l’importance des commanditaires, notamment les Médicis, dans l’émergence et la diffusion des innovations artistiques.

  • Percevoir l’évolution stylistique du Quattrocento au maniérisme : les participants seront capables de situer une œuvre dans son contexte historique et stylistique, en identifiant continuités et ruptures.

Acquis prédagogiques du séminaire

  • Maîtriser les outils d’analyse formelle d’une peinture de la Renaissance : l’étudiant saura décrire avec précision la composition, la perspective, l’usage de la lumière et le traitement des figures.

  • Situer les grandes figures artistiques dans leur contexte historique : il pourra replacer chaque artiste dans les dynamiques culturelles et politiques de Florence aux XVe et XVIe siècles.

  • Comprendre les liens entre art, humanisme et pouvoir : l’étudiant percevra comment l’art devient un vecteur d’affirmation intellectuelle et politique.

  • Développer une réflexion critique sur l’évolution des styles : il saura analyser le passage de l’équilibre classique à la tension maniériste.

Modalités d'évaluation

L’évaluation repose sur la qualité des contributions écrites et sur la participation active aux échanges :

Pour chacune des quatre étapes, les participants rédigent une contribution d’environ 4 000 caractères, publiée durant la première semaine. Ces travaux doivent témoigner d’une analyse rigoureuse des œuvres étudiées et d’une mobilisation pertinente des références proposées.

La deuxième semaine est consacrée aux discussions sur le forum (et éventuellement en visioconférence). Les étudiants commentent les contributions de leurs pairs, approfondissent les analyses et développent un dialogue argumenté.

La note finale prend en compte la régularité du travail, la qualité de l’analyse, la pertinence des arguments et l’engagement dans les échanges.