DOMUNI UNIVERSITAS

Philosophie de la guerre

Philosophie de la guerre

DRT008. Étymologiquement, la guerre vient du vieux germanique werra (simple exclamation ; cri de guerre) qui donnera war (en anglais) et que l’on retrouve dans Wehrmacht ou Bundeswehr (en allemand). Le mot grec polemos viendrait de poles qui désignait le grand nombre ; le mot latin bellum viendrait de duellum (le duel) que Horace ou Plaute utilisaient pour désigner la guerre. Nietzsche, dans La généalogie de la morale fait dériver duellum de duonus, forme archaïque de bonus qui suggère que le guerrier est le « bon ». L’origine antique est passée dans nos adjectifs : le grec polemos donne polémique, le latin bellum donne belliqueux, belligérant ou belliciste.

Crédits ECTS: 3
Professeur : Nicolas Tenaillon

Mais l’évolution actuelle de la guerre tend à en dissoudre le concept. Le droit international parle volontiers de « différends », de « rupture de la paix », de « situation conflictuelle » et surtout de « conflits armés ». Ces mutations sémantiques signalent une évolution à décrypter. Mais aussi une difficulté pour circonscrire la guerre qui n’est pas réductible au conflit biologique ou social, à la contradiction conceptuelle ou à la violence individuelle ou collective. Les définitions philosophiques annoncent des divergences qu’il faudra tenter de concilier. On retient :

  • tantôt la violence du phénomène :« La guerre enseigne la violence et met les passions de la multitude en accord avec la brutalité des faits » (Thucydide, Guerre du Péloponnèse III, 82) « Un recours collectif à la force » ( Grotius, Du droit de la guerre et de la paix)
  • tantôt sa rationalité : « une affaire sérieuse » (Sun Tzu, L’art de la guerre) « la guerre n’est pas une relation d’homme à homme mais une relation d’Etat à Etat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu’accidentellement » (Rousseau, Contrat social, I, 4)
  • tantôt les deux : « la guerre est la santé éthique des peuples » (Hegel, Principes de la philosophie droit). « un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter un acte de notre volonté » et « continuation de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz, De la guerre)
     

Le cours sera abordé par quatre thèmes :

1) Valorisation morale de la guerre : le temps du courage et de l’honneur ?

2) Justification religieuse de la guerre : Un instrument voulu par Dieu ?

3) La juridicisation de la guerre : Une maîtrise de la violence par les règles ?

4) La guerre comme moyen politique : Le moment négatif de la raison ?

Conclusion : On cherchera à savoir si finalement la guerre est une donnée anthropologique irréductible.