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Les théories de la reconnaissance

Les théories de la reconnaissance

DRT006  Le mot « reconnaissance » est un terme doté d’une signification précise en philosophie morale et politique, une signification qui diffère des acceptions plus communes du terme. D’une part, le champ sémantique et technique couvert par cette notion n’est pas celui de la gratitude, tel le sentiment moral que l’on peut expérimenter lorsqu’on se sent le « débiteur » d’autrui. La reconnaissance, au sens où nous l’entendons ici désigne la reconstruction des rapports sociaux (Ferry), le développement de rapport positif par l’estime de l’autre et le respect de sa différence (Honneth et Taylor), la justice sociale ou la redistribution équitable de biens et avantages socio-économiques (Fraser), l’échange symbolique de dons de reconnaissance entre partenaires (Hénnaf et Ricœur).

Crédits ECTS: 3

Professeur : Augustin Wiliwoli, O.P.

Présentation

La question de la reconnaissance remonte à Hegel dans la dialectique du maître et de l’esclave. Elle a été récupérée et approfondie par nombre de philosophes contemporains comme Axel Honneth, Paul Ricoeur, Charles Taylor, Nancy Fraser, Marcel Hénaff et Jean-Marc Ferry. Nous articulons dans ce cours la théorie de chacun de ces auteurs.

 

Objectifs :

L’objectif général de ce cours est de faire découvrir les philosophes contemporains qui abordent la question de la reconnaissance et monter comment leurs pensées s’interpénètrent au point de constituer un courant de la « philosophie de reconnaissance » au sein de la grande famille de la « philosophie sociale et politique ». 

 

Les objectifs spécifiques de ce cours se présentent comme suit :

  • expliquer les phases de la reconstruction en montrant que celle-ci est une exigence de la reconnaissance
  • Ressortir les facteurs de la reconnaissance
  • montrer l’importance de don symbolique de la reconnaissance  

 

Acquis à de l’apprentissage :

À l’issu de ce cours, les étudiants seront capables de : distinguer les quatre phases de la reconstruction ou de la réconciliation, expliquer les mobiles éthiques de la reconnaissance et dire comment la reconnaissance, toujours traversée par le déni, peut promouvoir la paix.

 

Modalités d’évaluation :

  • Un devoir écrit (5 pages). Les étudiant.e.s sont invités à choisir un sujet parmi une liste imposée.
  • Un examen en présentiel à la fin du semestre.

 

Bibliographie :

A. Honneth, La Société du mépris, Paris, La Découverte, 2011.

J.-M. Ferry, L’éthique reconstructive, Paris, Cerf, 1996. 

C. Taylor, Multiculturalisme. Différence et démocratie, Paris, Flammarion, 2009.

N. Fraser, Qu’est-ce que la justice sociale ? Reconnaissance ou redistribution, trad. de l’anglais par Estelle FerrareseParis, La découverte, 2011.

 

Les théories de la reconnaissance

Le cours comporte trois chapitres

Dans un premier temps, nous tâchons de voir avec J.-M Ferry comment la théorie de la reconstruction peut constituer une voie de la réconciliation à travers les quatre phases du discours que sont la narration, l’interprétation, la discussion et la reconstruction.

Comment dépasser la lutte sociale ?

Ensuite, nous cherchons à dégager les facteurs moraux qui fondent la lutte sociale ou permettent de la dépasser, grâce à la lecture de A. Honneth et de N. Fraser, en examinant également ce qu’en dit C. Taylor.

Les dons de reconnaissance

Enfin, notre étude se clôture par l’analyse de dons de reconnaissance chez M. Hénaff et par P. Ricœur.
Retenons que ces auteurs ne sont pas les seuls à parler de la reconnaissance, mais leurs analyses sont fondamentales dans la lecture des théories de la reconnaissance.