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Espérances humaines - Espérance chrétienne

Espérances humaines - Espérance chrétienne

IN002    L’espérance est une dimension de l’expérience humaine. D’où les questions : quelle est cette expérience ? en quoi cette réalité humaine touche-t-elle ou concerne-t-elle la foi chrétienne, en quoi la foi chrétienne touche-t-elle cette expérience ?

Crédits ECTS: 3
Professeur : Ignace Berten O.P.


Comment parler de l’espérance aujourd’hui ? de l’espérance humaine et de l’espérance chrétienne ? Quelle est cette expérience ? en quoi cette réalité humaine touche-t-elle ou concerne-t-elle la foi chrétienne, en quoi la foi chrétienne touche-t-elle cette expérience ?

Sommaire général

 Introduction

10 étapes :

- L’espérance en questions

  1. L’espérance des peuples
  2. L’espérance d’Israël
  3. L’espérance de Jésus
  4. L’homme face à la mort
  5. Mort et résurrection en Israël
  6. La mort et la résurrection de Jésus
  7. Espérance et résurrection des morts
  8. Quelques enjeux majeurs de l’espérance aujourd’hui
  9. Conclusion : Figures de l’espérance chrétienne


Présentation

L’espérance dans un monde qui doute de lui-même

Promesses de la technique et fragilités sociales  

Comment parler de l’espérance aujourd’hui ? de l’espérance humaine et de l’espérance chrétienne ? D’une part, nous vivons dans un monde de profondes incertitudes : les nouvelles technologies, et la nouvelle économie qui est sensée en être le meilleur produit, nous promettent monts et merveilles ; mais d’autre part, tout paraît extraordinairement fragile, à la merci d’un nouveau conflit peut-être nucléaire ou bactériologique, de l’un ou l’autre accident technologique majeur (d’autres Tchernobyl), d’un crash financier plus grave et plus global que celui de 1929, d’une paralysie des systèmes informatiques de contrôle de l’énergie ou des fonctionnements économiques et administratifs, suite à un acte de malveillance, d’une prise de contrôle grandissante des économies et de la finance mondiale par les mafias, d’un environnement peu à peu totalement dégradé menaçant la survie de l’humanité… Et de plus, il y a tous ceux qui se sentent exclus de la dynamique sociale et économique, qui ont décroché ou ont été exclus, ici et bien plus encore dans des régions ou dans des pays entiers.

Résurrection ou seulement réincarnation ?

 Par ailleurs, toutes les enquêtes montrent que, dans nos pays, une proportion très importante de ceux qui se reconnaissent comme chrétiens doutent du message de la résurrection, qui est au cœur de l’espérance chrétienne, ou n’y adhèrent plus du tout, ou même lui substituent d’autres conceptions comme la réincarnation.


 Peut-on distinguer l’espérance chrétienne des espérances humaines ?

 Dans ce contexte, quel espace et quel sens pour l’espérance ?

 Pour aborder cette question, une conviction et donc une option de méthode. On ne peut distinguer totalement espérance humaine et espérance chrétienne, encore moins les opposer. Tout un courant théologique a tendance à distinguer amour humain et charité chrétienne, croyances humaines et foi chrétienne, espoirs humains et espérance chrétienne : le rapport à Dieu changerait radicalement la nature de l’acte. Il suffit de relire les actes de foi, d’espérance et de charité que nous faisaient réciter le Petit Catéchisme : la foi porte sur ce que Dieu nous a révélé ; l’espérance sur le ciel et les grâces pour le mériter ; la charité sur Dieu et sur le prochain par amour de Dieu. Dans une telle perspective, l’expérience humaine est sans aucune consistance et sans aucune pertinence pour l’expérience proprement chrétienne, l’expérience humaine n’est alors récupérée que par la morale…

Ma conviction, c’est qu’il y a interpénétration profonde entre espérance humaine et espérance chrétienne, et que l’espérance représente un enjeu majeur tant pour la vie et la communauté humaines que pour la vie et la communauté chrétiennes.

 Qu’est-ce qu’une théologie de l’espérance ?

 Pour la théologie médiévale, qui a profondément déterminé la suite de la théologie chrétienne, en particulier catholique, la réponse est simple. Finalement, il y a une seule chose à espérer : la béatitude, c’est-à-dire la vie éternelle au ciel, définie elle-même comme la vision de Dieu. Cette conception de l’espérance ne peut plus nous satisfaire à la fois par la distance qu’elle marque par rapport aux images beaucoup plus concrètes et multiformes de la tradition biblique et par la non prise en compte des réalités proprement terrestres.

 L’espérance est en effet une dimension de l’expérience humaine. D’où les questions : quelle est cette expérience ? en quoi cette réalité humaine touche-t-elle ou concerne-t-elle la foi chrétienne, en quoi la foi chrétienne touche-t-elle cette expérience ?

Pour la clarté et la facilité de la réflexion, je partirai cependant de l’espérance comme expérience humaine sans référence transcendante.

Ont collaboré à ce cours : Auteur : Ignace BERTEN op ; Adaptation : Michel VAN AERDE op, Françoise DUBOST ; Préparation technique : Juan Carlos RODRIGUEZ