DOMUNI UNIVERSITAS

E-Séminaire : Critique de la souffrance animale

E-Séminaire : Critique de la souffrance animale

E-Séminaire en PHILOSOPHIE

4 octobre - 29 novembre 2021

par Joseph Baraka

Code du cours: SEM 63

Crédits ECTS: 6

Professeur : Joseph Baraka

Enquête sur les fondements philosophiques d’un nouveau rapport au monde animal

Description 

Saisir la souffrance animale comme une évidence et comme un critère suffisant de considération morale la pose en même temps comme l’indice phénoménologique d’une « subjectivité non humaine » qui remet en question le « propre de l’homme ».

Le séminaire analyse cette problématique aujourd’hui source d’ambigüité théorique et de malentendu sociopolitique. Là où la conscience écologique sonne les glas d’une humanité prédatrice, le « fait carnivore », par contre, semble être paradoxalement un phénomène humain indépassable, au nom de l’alimentation, de l’expérimentation médicale, du sacrifice religieux, de la domesticité, des traditions et des loisirs. Dès lors, en face de la souffrance animale, le choix n’est pas facile entre la compassion et l’indifférence. D’un côté, l’abolitionnisme parait extrémiste jusque dans ses solutions végétariennes, végétaliennes, véganes, etc.

De l’autre côté, l’indifférence caractéristique de la tradition philosophique à l’égard de l’animal se révèle comme un vide éthique en face de l’être-menacé de l’animal et, par le fait, de la nature. Pourtant, notre rapport aux animaux ne se trouve-t-il pas suspendu à la valeur que nous donnons à leur souffrance, au-delà de leur utilité pour nous ? L’animal n’est-il pas plus qu’un « simplement vivant » et donc capable de souffrance plus que « simplement physique » ?

Telle est l’hypothèse que ce séminaire se charge de vérifier : la critique de la souffrance animale permet de redéfinir le statut de l’animal et de fonder notre rapport conséquent à lui et au monde. Dans une démarche d’analyse critique des textes clés, le séminaire aborde la question de la souffrance animale comme philosophiquement fondamentale et comme un défi plein d’espoir pour une nouvelle anthropologie instauratrice d’un nouveau rapport au monde.  

 

Objectifs

  • Tenter de penser l’animal tel qu’il est et non pas tel que nous le fantasmons (les statuts ontologique, existentiel et phénoménologique de l’animal) : une déconstruction de l’anthropocentrisme ;
  • Aborder la question philosophique de la souffrance comme fondement de l’éthique animale, tout en montrant et démontrant l’évidence et l’actualité d’une telle souffrance : « être sujet d’une vie » et « pouvoir souffrir » suffisent-ils pour « être porteur d’une valeur inhérente » et « mériter une considération morale » ?
  • Discuter et évaluer les différents courants de l’éthique animale : utilitarisme, dolorisme, welfarisme, abolitionnisme, libéralisme animal, déontologisme, droit des animaux, etc. ;
  • Permettre à chaque étudiant d’envisager des solutions argumentées et pratiques face au problème de la souffrance animale.

 

Acquis de l’apprentissage

CONNAISSANCES

  • Avoir une idée de la notion philosophique de la souffrance
  • Être au courant de la crise écologique et du rapport critique de l’homme à l’animal
  • Disposer d’une bonne base en éthique philosophique
  • Être bien informé sur la méthodologie du travail universitaire (E-séminaire chez Domuni)

COMPETENCES

  • Esprit critique : être capable d’aborder rationnellement la question animale, sans céder aux émotions, ni à la peur, moins encore aux préjugés anthropocentriques ;
  • Goût de la lecture : savoir bien exploiter les textes pour une argumentation appuyée ;
  • Capacité de raisonnement et d’ouverture : savoir partir des idées d’auteurs et de l’expérience pour ouvrir des perspectives nouvelles sur la question posée.
  • Amour du débat : accepter la divergence de points de vue, la flexibilité des idées, sans relativiser la vérité.