DOMUNI UNIVERSITAS

Un café à Beyrouth

22 novembre 2018 | resena
Un café à Beyrouth

Recherche: Nathalie DUPLAN et Valérie RAULIN

Nathalie DUPLAN et Valérie RAULIN

Père Patrice Sabater, cm

 

Aller au livre 

 

 

Flâneries, vagabondage dans une ville d’Orient en dix chapitres au cœur d’une cité marquée par dix-sept civilisations. Nathalie DUPLAN et Valérie RAULIN nous proposent de « pénétrer dans les méandres» de Beyrouth qui, selon elles, n’est pas « qu’une ville… » Elle se laisse découvrir peu à peu, se laisse deviner, se laisse chercher au fil des pas et des rencontres. On y découvre des merveilles et on s’étonne de ce que l’on y découvre comme le chineur qui déambule dans les allées et qui, au gré des regards et des mains, cherche et trouve… avec bonheur !

 

Beyrouth se mérite. « Nul ne (s’y) rend par hasard. Une raison insoupçonnée prévaut souvent à l’aventure. Mais laquelle ? La promesse d’un exotisme modéré, garanti par l’aspect familier de cette cité à l’abord accessible, bien qu’elle ne se dévoile pas aisément ? Son histoire exceptionnelle ne s’affiche pas d’entrée (…) Quel appel mystérieux conduit donc jusqu’à elle ? Quel magnétisme fait succomber les voyageurs ? » Les auteurs ont parcouru le Proche-Orient depuis de nombreuses années mais elles reviennent toujours à Beyrouth. Attirées, entraînées par une passion faite de rencontres, de visages, de découvertes ; et naturellement de l’hospitalité libanaise qui ne se dément pas. Cependant, le titre de ce nouvel opus est trompeur. La photo de couverture l’est tout autant. On s’imaginerait que les deux journalistes viennent narrer l’histoire d’un des célèbres cafés de Beyrouth ou bien nous dire ce qu’il se vit dans ces Cafés d’Orient entre narguilés et cent mille histoires. On est là. On attend, et la vie passe devant un café ou un thé… Chaque chapitre est précédé par quelques vers de personnalités ou de chanteuses ; telles Fairouz ou Majida el Roumi qui nous plongent avec tendresse dans les rues du quartier arménien de Bourj el Hammoud, sur la Place Sassine à Achrafieh. Nos yeux s’écarquillent devant la Maison Rose.

 

Tendresse et passion, parfums et senteurs autour des jasmins et des odeurs pénétrantes du café « arabe » pour raconter le Beyrouth de De Gaulle, de la guerre, des martyrs, de l’espérance, pour entendre des témoignages heureux et malheureux, des mots pour redonner de l’espérance dans une ville cent fois défaite et toujours sur le fil du rasoir. Des hommes et des femmes, des vies qui, au fil des pages, viennent à nous avec chaleur et émotion, avec affection et émerveillement. Beyrouth et le Liban : un miracle permanent aime-t-on répéter. On finit par y croire… «  A l’instar de leur environnement, les personnes sont d’une richesse insoupçonnable. Au cœur de la normalité, de l’ordinaire, parfois de la laideur, se nichent des perles. Beyrouth se recèle en profondeur, loin du clinquant et du brillant en surface. La magie de Beyrouth est de mettre, sur le chemin de chacun, des trésors qui ne se dévoilent qu’avec le temps, après de longs moments prétendument perdus, autour d’un café, par exemple ».

 

On ne perdra pas son temps avec ce livre en main. On sourira aussi quelques fois. On y apprendra à « lire Beyrouth » et peut-être aussi à parfaire sa culture orientale ! Dans ce nouvel ouvrage de Nathalie DUPLAN et Valérie RAULIN, le lecteur qui prévoit de faire un saut vers cette ville d’Orient trouvera les mots pour aimer la capitale du pays des Cèdres, mais aussi et surtout les gens qui la composent, et qui donnent à cette ville un caractère incomparable et attachant. Oui, effectivement, « pour rien au monde, il ne faut renoncer à un café à Beyrouth ». Bonne lecture.

 

Patrice SABATER, cm

7 novembre 2018

 

Nathalie DUPLAN et Valérie RAULIN, Un café à Beyrouth. Ed. Magellan & Cie, Paris 2018. 192 pages. 15 €.

Aller au lien