DOMUNI UNIVERSITAS

Philosophie de la guerre

L'évolution actuelle de la guerre tend à en dissoudre le concept. Le droit international parle volontiers de « différends », de « rupture de la paix », de « situation conflictuelle » et surtout de « conflits armés ». Ces mutations sémantiques signalent une évolution à décrypter. Mais aussi une difficulté pour circonscrire la guerre qui n’est pas réductible au conflit biologique ou social, à la contradiction conceptuelle ou à la violence individuelle ou collective. Les définitions philosophiques annoncent des divergences qu’il faudra tenter de concilier. On retient :

  • tantôt la violence du phénomène :« La guerre enseigne la violence et met les passions de la multitude en accord avec la brutalité des faits » (Thucydide, Guerre du Péloponnèse III, 82) « Un recours collectif à la force » ( Grotius, Du droit de la guerre et de la paix)
  • tantôt sa rationalité : « une affaire sérieuse » (Sun Tzu, L’art de la guerre) « la guerre n’est pas une relation d’homme à homme mais une relation d’Etat à Etat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu’accidentellement » (Rousseau, Contrat social, I, 4)
  • tantôt les deux : « la guerre est la santé éthique des peuples » (Hegel, Principes de la philosophie droit). « un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter un acte de notre volonté » et « continuation de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz, De la guerre)

Le cours s'articulera autour de quatre thèmes :

1) Valorisation morale de la guerre : le temps du courage et de l’honneur ?

2) Justification religieuse de la guerre : Un instrument voulu par Dieu ?

3) La juridicisation de la guerre : Une maîtrise de la violence par les règles ?

4) La guerre comme moyen politique : Le moment négatif de la raison ?

Conclusion : On cherchera à savoir si finalement la guerre est une donnée anthropologique irréductible.